L’essentiel
- En Europe, toutes les colonies sont infestées : la question est le niveau, pas la présence.
- Le varroa tue surtout par les virus qu'il transmet, en premier lieu le virus des ailes déformées.
- Comptez avant et après chaque traitement : lavage ou sucre glace sur environ 300 abeilles.
- Le traitement de fin d'été protège les abeilles d'hiver : c'est le plus important de l'année.
- Alternez les familles de médicaments autorisés et respectez les durées de pose pour limiter les résistances.
Varroa destructor est le premier problème sanitaire des ruchers dans le monde. Sans gestion, une colonie infestée s’effondre en général en deux à trois ans, parfois en une seule saison. En Europe, il faut partir du principe que toutes les colonies sont porteuses : la vraie question n’est pas de savoir si le varroa est là, mais combien il y en a, et à quel moment de l’année.
Cette fiche détaille sa biologie, la façon de mesurer l’infestation, les seuils de décision, les méthodes sans médicament et les traitements autorisés. L’objectif est simple : arriver à l’automne avec des abeilles d’hiver saines.
Ce qu’est le varroa
La femelle adulte est un acarien brun-rouge, ovale et aplati, d’environ 1,1 mm de long sur 1,6 mm de large : il est plus large que long, ce qui le distingue d’autres acariens. Il est visible à l’œil nu sur une abeille ou une nymphe. Le mâle, plus petit et pâle, ne sort jamais de la cellule où il est né.
Son hôte d’origine est l’abeille asiatique Apis cerana, avec laquelle il vit en équilibre : chez elle, il se reproduit presque uniquement dans le couvain de mâles. Le passage sur l’abeille mellifère Apis mellifera au cours du XXᵉ siècle a été catastrophique, car cette abeille n’avait aucune défense adaptée. Le varroa a été signalé en France en 1982. Il est aujourd’hui présent sur presque tous les continents ; l’Australie, longtemps épargnée, l’a vu arriver en 2022.
Un cycle calé sur celui du couvain
Comprendre le cycle du varroa, c’est comprendre pourquoi les traitements marchent ou échouent.
La phase de dispersion. La femelle vit et se nourrit d’abord sur les abeilles adultes, de préférence les nourrices, qui la transportent jusqu’au couvain. Cette phase, longtemps appelée phorétique, dure en moyenne de quelques jours à une dizaine de jours en saison. C’est pendant cette phase que l’acarien est exposé aux traitements qui n’agissent pas dans les cellules operculées.
L’entrée dans la cellule. La femelle se glisse dans une cellule de couvain peu avant son operculation : environ 15 à 20 heures avant pour une cellule d’ouvrière, et 40 à 50 heures avant pour une cellule de mâle. Ce délai plus long, et la durée d’operculation plus longue du couvain mâle, expliquent sa nette préférence pour les mâles1.
La ponte. Environ 70 heures après l’operculation, la femelle pond un premier œuf, qui donne un mâle. Elle pond ensuite des œufs femelles toutes les 30 heures environ. Les jeunes femelles s’accouplent avec leur frère dans la cellule, avant l’émergence de l’abeille.
Le bilan. Dans une cellule d’ouvrière, une femelle produit en moyenne un peu plus d’une fille fécondée viable. Dans une cellule de mâle, elle en produit plus de deux1. En pleine saison, la population de varroas peut ainsi doubler en un mois environ. Une colonie peu infestée au printemps peut donc se retrouver submergée en août.
Pourquoi c’est si grave
L’acarien affaiblit chaque abeille
Le varroa ne pique pas pour boire l’hémolymphe, comme on l’a longtemps cru : il digère surtout le corps gras de l’abeille2. Or cet organe assure le stockage des réserves, la détoxification, une grande part de l’immunité et la longévité des abeilles d’hiver. Une abeille parasitée au stade de nymphe naît plus légère, vit moins longtemps et résiste moins bien aux maladies et aux pesticides.
Il transmet et amplifie les virus
Le varroa injecte directement des virus dans les nymphes. Le plus important est le virus des ailes déformées (DWV) : l’épidémie mondiale de ce virus est directement liée à la propagation de l’acarien3. D’autres virus, comme ceux du complexe de la paralysie aiguë, deviennent eux aussi très dangereux en présence de varroa. Dans la plupart des effondrements de fin de saison, ce sont les virus, plus que l’acarien lui-même, qui achèvent la colonie4.
Il frappe au pire moment
La population de varroas culmine en fin d’été, juste au moment où la colonie élève les abeilles d’hiver. Ces abeilles doivent vivre plusieurs mois. Si elles sont parasitées et infectées pendant leur développement, la colonie entre en hiver avec des ouvrières condamnées à mourir tôt. Elle se dépeuple alors en novembre ou en décembre, souvent avec des réserves intactes.
Ce que l’on sait depuis les travaux de Samuel Ramsey
Pendant près de cinquante ans, les manuels ont répété que le varroa se nourrissait d’hémolymphe, le « sang » de l’abeille. Cette idée reposait sur des observations des années 1970, jamais vraiment vérifiées. En 2019, l’entomologiste américain Samuel Ramsey, alors doctorant à l’université du Maryland, a publié avec l’unité de microscopie du ministère américain de l’Agriculture (USDA-ARS) une étude qui a renversé ce dogme2.
Où le varroa se cache sur l’abeille adulte
En congelant des abeilles parasitées puis en les observant au microscope électronique à basse température, l’équipe a montré que le varroa ne se promène pas au hasard sur l’abeille adulte. Il se glisse sous les plaques de l’abdomen, entre les segments, souvent du côté gauche, là où la membrane est fine et où il échappe au toilettage2, 11.
Une blessure juste au-dessus du corps gras
Sous l’acarien, les chercheurs ont trouvé une plaie dans la membrane, entourée des marques de ses pattes. Les coupes de l’abdomen montrent que cette plaie s’ouvre directement sur le corps gras, et que les tissus voisins sont endommagés2.
La preuve dans l’estomac de l’acarien
L’équipe a ensuite coloré le corps gras des abeilles avec un colorant fluorescent. Les varroas qui se nourrissaient sur ces abeilles avaient l’intestin rempli de ce colorant : ils avaient bien digéré du corps gras, et non de l’hémolymphe2.
Enfin, des varroas ont été nourris artificiellement. Ceux qui recevaient du corps gras vivaient plus longtemps et pondaient ; ceux qui ne recevaient que de l’hémolymphe s’en sortaient à peine mieux que des acariens privés de nourriture2, 12.
Ce que ça change pour l’apiculteur
- Les dégâts sont plus graves qu’on ne le pensait. Le corps gras gère les réserves, la détoxification et une large part de l’immunité. Une abeille parasitée résiste moins bien aux virus et aux pesticides, et une abeille d’hiver parasitée vit moins longtemps.
- Les abeilles adultes sont réellement parasitées. Pendant la phase de dispersion, longtemps appelée « phorétique », le varroa ne se contente pas de voyager : il se nourrit. C’est pourquoi le terme de phase de dispersion est aujourd’hui préféré.
- De nouvelles pistes de traitement. Connaître le tissu consommé permet d’imaginer des molécules qui ciblent la digestion de l’acarien, ou de mieux comprendre pourquoi certaines substances circulant dans l’hémolymphe agissent mal.
L’anatomie interne du varroa, détaillée en lien avec son alimentation et sa reproduction, a depuis été décrite dans un atlas auquel Samuel Ramsey a contribué10. Il travaille aussi sur Tropilaelaps, l’autre acarien du couvain qui menace l’Europe : voir la fiche Tropilaelaps.
Reconnaître une colonie trop infestée
Les signes visibles apparaissent tard. Quand on les voit, l’infestation est déjà forte.
- Abeilles aux ailes froissées ou atrophiées, à l’abdomen court, rejetées hors de la ruche.
- Couvain irrégulier, en mosaïque, avec des opercules percés et des nymphes mortes.
- Varroas visibles à l’œil nu sur les abeilles, en particulier sur le thorax.
- Nombreux varroas sur les nymphes de mâles désoperculées.
- Chute importante de varroas sur le lange.
- Population qui fond en septembre-octobre alors que les réserves sont présentes.
On parle parfois de syndrome de l’acarien parasite pour décrire ce tableau combinant couvain anormal, larves mortes d’aspect variable et abeilles déformées. Il peut faire penser à une loque : en cas de doute sur le couvain, faites le test de l’allumette et, si besoin, une analyse.
Mesurer l’infestation
Ne traitez jamais à l’aveugle. Le comptage sert à décider quand traiter et à vérifier que le traitement a fonctionné. Les méthodes de référence sont décrites dans le COLOSS BEEBOOK5.
Le lavage à l’alcool ou au détergent
C’est la méthode la plus fiable.
- Repérez la reine pour être sûr de ne pas la prélever.
- Secouez un cadre de couvain ouvert au-dessus d’un bac, car les nourrices portent davantage de varroas que les butineuses.
- Prélevez environ 300 abeilles, soit à peu près une demi-tasse.
- Placez-les dans un bocal avec de l’alcool ou de l’eau savonneuse, et agitez vigoureusement pendant une minute.
- Filtrez à travers un tamis qui retient les abeilles et laisse passer les varroas, puis comptez-les sur un fond blanc.
- Divisez le nombre de varroas par le nombre d’abeilles, puis multipliez par 100 : vous obtenez le nombre de varroas pour 100 abeilles.
Les abeilles prélevées meurent, mais 300 abeilles ne représentent qu’une infime partie d’une colonie forte.
Le sucre glace
Même prélèvement, mais les abeilles sont roulées dans du sucre glace dans un bocal à couvercle grillagé. Le sucre fait tomber les varroas, que l’on secoue sur un fond blanc. Les abeilles survivent. La méthode est un peu moins précise, surtout par temps humide.
La chute naturelle sur lange
Un lange graissé glissé sous un plancher grillagé, relevé après trois à sept jours, donne un nombre moyen de varroas tombés par jour. La méthode ne dérange pas la colonie et permet de suivre l’évolution dans le temps. En revanche, la relation entre chute naturelle et infestation réelle varie beaucoup selon la quantité de couvain : c’est une tendance, pas une mesure précise.
Le lange est très utile après un traitement, pour constater la chute de varroas, et en hiver, pour juger de l’infestation résiduelle.
Les seuils d’intervention
Les seuils varient selon la région, la saison et la taille de la colonie. Les repères ci-dessous, en varroas pour 100 abeilles adultes, s’inspirent des guides de référence6 :
| Période | Situation acceptable | Intervention à envisager |
|---|---|---|
| Printemps, développement | Moins de 1 | À partir de 1 à 2 |
| Été, pleine saison | Moins de 2 | À partir de 2 à 3 |
| Fin d’été, avant les abeilles d’hiver | Moins de 2 | À partir de 3 : urgence |
Deux remarques importantes. D’abord, un même chiffre est plus inquiétant au printemps qu’en été, car la population de varroas aura le temps de se multiplier. Ensuite, un rucher entouré de colonies non traitées subit des réinfestations par dérive et pillage : les comptages peuvent remonter vite, même après un bon traitement.
Les méthodes sans médicament
Elles ne suffisent presque jamais seules, mais elles freinent la croissance du varroa et rendent les traitements plus efficaces.
Le piégeage dans le couvain de mâles. Au printemps, on place un cadre à mâles, ou un cadre bâti partiellement, en bordure du nid à couvain. Les varroas s’y concentrent. On retire et on détruit ce couvain une fois operculé, avant l’émergence des mâles : sinon, on a élevé des varroas au lieu de les piéger. Répété deux ou trois fois, le procédé retire une part notable de la population d’acariens.
L’arrêt de ponte. On encage la reine ou on la retire pendant environ 24 jours, le temps que tout le couvain naisse. La colonie se retrouve sans couvain operculé, et tous les varroas sont alors sur les abeilles adultes. Un traitement à l’acide oxalique, réalisé à ce moment-là, est alors très efficace.
Le retrait total du couvain. On retire tous les cadres de couvain operculé, qui peuvent servir à constituer une autre colonie traitée à part. La colonie d’origine, sans couvain operculé, est traitée immédiatement.
La division et l’essaimage artificiel. Ils créent une rupture naturelle dans l’élevage du couvain et répartissent les varroas entre plusieurs unités.
La sélection. Certaines lignées expriment un comportement hygiénique sensible au varroa (VSH) : les ouvrières détectent et ouvrent les cellules où l’acarien se reproduit. Ce caractère est un axe majeur de sélection, mais aucune lignée actuelle ne dispense de surveiller et de traiter.
Les traitements médicamenteux
Le cadre légal
En France, seul un médicament vétérinaire disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l’abeille peut être utilisé8. Les préparations « maison », les mélanges et les produits phytosanitaires détournés sont interdits. Ils sont aussi dangereux pour les abeilles, pour l’apiculteur et pour la qualité du miel. Chaque traitement doit être noté dans le registre d’élevage.
Les principales substances
| Substance active | Exemples (France) | Points clés |
|---|---|---|
| Amitraze | Apivar, Apitraz | Lanières laissées plusieurs semaines ; traitement de fin d’été classique7 |
| Tau-fluvalinate | Apistan | Résistances très répandues : efficacité à vérifier par comptage |
| Thymol | Apilife Var, Apiguard, Thymovar | Efficacité liée à la température ; utilisable en bio |
| Acide oxalique | Api-Bioxal, Oxybee | Très efficace hors couvain operculé ; utilisable en bio |
| Acide formique | MAQS, Formic Pro | Agit aussi dans le couvain operculé ; sensible aux fortes chaleurs |
| Acides oxalique et formique | Varromed | Dégouttement, plusieurs applications possibles ; utilisable en bio |
La liste des spécialités autorisées évolue : vérifiez toujours la base officielle des médicaments vétérinaires de votre pays avant d’acheter.
Bien utiliser un traitement
- Lisez la notice : dose, durée de pose, températures d’utilisation et compatibilité avec les hausses.
- Ne traitez pas avec des hausses en place, sauf mention contraire explicite de la notice.
- Respectez la durée de pose, ni plus courte ni plus longue. Une lanière oubliée des mois dans la ruche diffuse une dose trop faible et sélectionne des varroas résistants.
- Alternez les familles de substances d’une année à l’autre.
- Traitez toutes les colonies d’un même rucher en même temps, sinon les colonies non traitées réinfestent les autres.
- Contrôlez l’efficacité par un comptage quelques semaines après la fin du traitement.
Retour terrain. Chez l’éditeur de ce site, éleveur de reines en Normandie, le protocole annuel est le suivant : Varromed par dégouttement en mai-juin, Apivar fin juillet après la récolte, puis acide oxalique par sublimation début janvier, hors couvain. Les comptages se font sur langes, sous plateaux aérés.
En pratique : ce que font les apiculteurs
La recherche explique le varroa. Voici comment les apiculteurs le gèrent concrètement, au rucher, saison après saison.
Le geste de base : compter
- Sur quelles colonies ? Il n’est pas nécessaire de compter partout. La plupart des apiculteurs comptent sur quelques colonies représentatives par rucher, en choisissant les plus fortes : ce sont souvent les plus infestées.
- Quand ? Au minimum trois fois par an : au printemps, juste avant le traitement d’été et quelques semaines après.
- Combien de temps ? Environ cinq minutes par colonie pour un lavage, une fois le matériel prêt.
- Le réflexe utile : noter chaque résultat, avec la date et le numéro de la ruche. D’une année sur l’autre, ce carnet montre quels ruchers posent problème.
Les trois stratégies les plus courantes
1. La stratégie classique. Lanières d’amitraze posées juste après la dernière récolte, laissées le temps indiqué par la notice, puis traitement à l’acide oxalique en hiver, hors couvain. C’est la stratégie la plus répandue en France chez les professionnels comme chez les amateurs.
2. La stratégie « acides organiques ». Traitement au thymol ou à l’acide formique en fin d’été, puis acide oxalique en hiver. Elle est utilisable en apiculture biologique, mais demande de surveiller la météo : ces produits sont sensibles à la température.
3. La stratégie « arrêt de ponte ». En juillet, la reine est encagée ou retirée environ 24 jours. Quand il n’y a plus de couvain operculé, un seul traitement à l’acide oxalique élimine l’essentiel des varroas. Cette méthode se développe, notamment en Italie et en France. Elle demande plus de travail, mais limite l’usage des médicaments.
Quelle que soit la stratégie, deux règles reviennent chez tous les apiculteurs qui réussissent leurs hivernages : traiter tôt, dès la fin des récoltes, et traiter tout le rucher le même jour.
Le matériel à avoir
- Un bocal à couvercle grillagé et un tamis pour le lavage ou le sucre glace.
- Un gobelet doseur d’une demi-tasse, pour prélever environ 300 abeilles.
- Un bac blanc pour compter.
- Des langes graissés pour les planchers grillagés.
- Gants résistants aux acides et lunettes pour les traitements à l’acide oxalique ou formique.
- Le registre d’élevage, pour noter chaque traitement.
La check-list annuelle
- Mars-avril : premier comptage ; cadres à mâles en place dans les colonies fortes.
- Mai-juin : comptage ; ruptures de couvain lors des divisions ou de l’élevage.
- Fin de la dernière miellée : retrait des hausses, puis traitement de tout le rucher dans la semaine.
- Fin de traitement : retrait des lanières à la date prévue, inscription au registre.
- Septembre : comptage de contrôle ; si le résultat reste élevé, traitement complémentaire.
- Décembre-janvier : traitement à l’acide oxalique hors couvain ; lange quelques jours après pour constater la chute.
Calendrier type en climat tempéré
- Fin d’hiver et printemps : comptage de départ. Pose de cadres à mâles dans les colonies qui se développent.
- Mai-juin : comptage ; traitement compatible avec la saison si le seuil est dépassé. Les divisions et l’élevage de reines sont l’occasion de créer des ruptures de couvain.
- Juillet-août, juste après la dernière récolte : traitement principal, sans attendre. C’est la période décisive : les abeilles d’hiver commencent à naître fin août et doivent être protégées dès leur développement.
- Septembre-octobre : comptage de contrôle de l’efficacité ; traitement complémentaire si l’infestation reste élevée.
- Décembre-janvier, colonie sans couvain : traitement de rattrapage à l’acide oxalique, pour démarrer la saison suivante avec le moins de varroas possible.
Ce calendrier se décale selon le climat et les miellées. Dans les régions où les colonies ne s’arrêtent pas de pondre en hiver, la stratégie repose davantage sur les arrêts de ponte provoqués.
Les erreurs les plus fréquentes
- Traiter trop tard, en septembre ou en octobre : les abeilles d’hiver sont déjà parasitées.
- Se fier à l’absence de symptômes : quand les ailes déformées apparaissent, il est souvent trop tard pour la saison.
- Ne jamais compter, et donc ne pas savoir si le traitement a fonctionné.
- Utiliser toujours la même molécule, jusqu’à ce qu’elle ne marche plus.
- Laisser les lanières en place au-delà de la durée prescrite.
- Traiter colonie par colonie, à des dates différentes, dans un même rucher.
- Oublier le traitement hivernal hors couvain, qui offre la meilleure efficacité de l’année.
Questions fréquentes
Peut-on faire de l’apiculture sans traiter contre le varroa ? Dans l’immense majorité des cas, non. Quelques populations d’abeilles vivent avec le varroa après des années de sélection naturelle sévère, au prix de pertes importantes. Pour un apiculteur, renoncer à traiter revient à accepter des pertes élevées et à exposer les ruchers voisins aux réinfestations.
Le miel est-il contaminé par les traitements ? Utilisés selon la notice, sans hausses en place, les médicaments autorisés ne posent pas de problème de résidus dans le miel récolté. Les produits non autorisés, eux, peuvent laisser des résidus dans la cire et le miel.
Faut-il traiter une colonie qui vient d’être achetée ou un essaim ? Un essaim naturel n’a pas de couvain operculé au moment où il s’installe : c’est le moment idéal pour un traitement à l’acide oxalique. Pour une colonie achetée, comptez dès l’arrivée et traitez selon le résultat, de préférence en même temps que le reste du rucher.
Pourquoi mes comptages remontent-ils après un bon traitement ? Le plus souvent à cause de réinfestations : pillage de colonies effondrées dans le voisinage, ou dérive d’abeilles entre ruches. C’est fréquent en fin de saison.
Références
- Rosenkranz P., Aumeier P., Ziegelmann B. (2010). Biology and control of Varroa destructor. Journal of Invertebrate Pathology 103 : S96-S119. doi.org
- Ramsey S.D. et al. (2019). Varroa destructor feeds primarily on honey bee fat body tissue and not hemolymph. PNAS 116(5) : 1792-1801. doi.org
- Wilfert L. et al. (2016). Deformed wing virus is a recent global epidemic in honeybees driven by Varroa mites. Science 351 : 594-597. doi.org
- Traynor K.S. et al. (2020). Varroa destructor : a complex parasite, crippling honey bees worldwide. Trends in Parasitology 36(7) : 592-606. doi.org
- Dietemann V. et al. (2013). Standard methods for varroa research. The COLOSS BEEBOOK, Vol. II. Journal of Apicultural Research 52(1). doi.org
- Honey Bee Health Coalition. Tools for Varroa Management (guide mis à jour régulièrement, honeybeehealthcoalition.org).
- GDS France. Fiches techniques médicaments (Apivar, Apitraz, Apistan, Apilife Var, Varromed). gdsfrance.org
- DRAAF Occitanie (2022). Rappels sur l'usage des médicaments vétérinaires en apiculture. draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr
- USGS Bee Inventory and Monitoring Lab. Photographies de Varroa destructor (domaine public). usgs.gov
- Sonenshine D.E., Posada-Florez F., Laudier D., Gulbronson C., Ramsey S., Cook S.C. (2022). Historical atlas of the internal anatomy of female Varroa destructor (Mesostigmata : Varroidae) mites. Annals of the Entomological Society of America 115(2) : 163-193.
- Ramsey S., Gulbronson C., Mowery J., Ochoa R., vanEngelsdorp D., Bauchan G. (2018). Multi-microscopy study of the feeding site and host tissue consumed by Varroa destructor. Microscopy and Microanalysis 24(S1) : 1258-1259.
- USDA Agricultural Research Service (2019). ARS microscopy research helps unravel the workings of a major honey bee pest. ars.usda.gov
- Entomology Today (2019). An inside look at how the Varroa mite diet was discovered (images USDA-ARS ECMU). entomologytoday.org