L’essentiel
- Acarien du couvain originaire d'Asie, plus prolifique que le varroa.
- Présent dans le sud de la Russie, confirmé en Géorgie en 2024, signalé en Turquie.
- Plus petit et allongé que le varroa, il court vite sur les cadres.
- Danger sanitaire réglementé dans l'UE : toute suspicion se déclare immédiatement.
Tropilaelaps est un acarien parasite du couvain, originaire d’Asie, où son hôte naturel est l’abeille géante Apis dorsata. Il est passé sur l’abeille mellifère et progresse vers l’ouest. Les spécialistes le considèrent comme une menace au moins aussi grave que le varroa.
Où en est-il ?
Sur les quatre espèces connues, T. mercedesae est la plus répandue et celle qui présente le plus de risque pour l’Europe1, 3. Il est installé dans le sud de la Russie (régions de Krasnodar et Rostov), et sa présence a été confirmée en 2024 dans l’ouest de la Géorgie2, 3. Elle a été signalée plus récemment en Turquie, près de la frontière géorgienne. L’importation de reines et d’essaims depuis ces zones est la principale voie d’entrée redoutée5.
Pourquoi il est si dangereux
- Il se reproduit dans le couvain operculé, comme le varroa, mais avec un cycle plus rapide.
- Il ne survit que très peu de temps sur les abeilles adultes : il dépend presque entièrement du couvain.
- Il transmet des virus, dont le virus des ailes déformées.
Le reconnaître
- Acarien brun-rouge d’environ 1 mm de long sur 0,6 mm de large, nettement allongé (le varroa est plus large que long).
- Très rapide, il court sur les cadres quand on les sort.
- Couvain irrégulier, nymphes mortes ou mal formées, abeilles aux ailes déformées, comme avec le varroa4.
Le détecter
On le cherche dans le couvain : désoperculation de nymphes, ou méthode du « bump » qui consiste à frapper un cadre de couvain au-dessus d’un bac blanc. Les langes utilisés pour le varroa peuvent aussi le révéler.
Que faire en cas de suspicion
- Conserver les acariens dans de l’alcool.
- Déclarer immédiatement la suspicion à la DDPP ou à votre vétérinaire.
- Ne déplacer ni colonies ni matériel.
Aucun médicament ne dispose d’une autorisation contre Tropilaelaps en France5. La meilleure protection reste de ne pas importer de reines ou de colonies depuis les zones où il est présent.
Références
- Anderson D.L., Morgan M.J. (2007). Genetic and morphological variation of bee-parasitic Tropilaelaps mites (Acari : Laelapidae) : new and re-defined species. Experimental and Applied Acarology 43 : 1-24.
- Janashia I. et al. (2024). First report on Tropilaelaps mercedesae presence in Georgia : the mite is heading westward! Journal of Apicultural Science. doi.org
- National Bee Unit (APHA, Royaume-Uni). Tropilaelaps : fiche et carte de répartition. nationalbeeunit.com
- IZSVe, centre de référence italien pour l'apiculture (2025). Acaro Tropilaelaps spp. izsvenezie.it
- Assemblée nationale. Question écrite n° 14396 : menace de l'acarien Tropilaelaps pour la filière apicole française. assemblee-nationale.fr