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Maladies du couvain

Loque américaine

Paenibacillus larvae

Gravité : Critique Déclaration obligatoireToute la saison de couvainRelecture en cours
Repère thématique

L’essentiel

  • Maladie bactérienne du couvain, mortelle pour la colonie et très contagieuse.
  • Les spores survivent des décennies dans le matériel, la cire et le miel.
  • Signe d'alerte : opercules affaissés et percés, contenu filant au test de l'allumette.
  • En France, toute suspicion se déclare sans délai à la DDPP.

La loque américaine est la maladie bactérienne la plus grave du couvain. Elle ne touche que les larves, mais elle tue la colonie et se transmet très facilement d’une ruche à l’autre. Elle est sans danger pour l’homme : le miel reste consommable, mais il ne doit jamais être donné à des abeilles.

L’agent : une bactérie qui fabrique des spores

Paenibacillus larvae produit des spores extrêmement résistantes, qui restent infectieuses pendant des décennies dans le matériel, la cire et le miel1, 4. Une seule larve morte en contient des millions, voire davantage.

Les jeunes larves s’infectent en ingérant des spores avec leur nourriture, surtout dans leurs premières heures de vie. La bactérie se multiplie dans l’intestin, envahit la larve et la tue, le plus souvent après l’operculation, au stade de prénymphe ou de nymphe.

Comment elle se propage

  • Pillage d’une colonie malade ou morte : c’est la voie principale entre ruchers.
  • Échange de cadres, de hausses ou de matériel entre ruches.
  • Nourrissement avec du miel d’origine inconnue.
  • Achat d’essaims ou de matériel d’occasion non contrôlés.
  • Dérive des abeilles entre ruches voisines.

Symptômes

  • Couvain en mosaïque : cellules vides, operculées et ouvertes mélangées.
  • Opercules affaissés, plus foncés, d’aspect gras, souvent percés d’un petit trou irrégulier.
  • Larve brun clair à brun chocolat, de consistance visqueuse.
  • Au stade avancé, une écaille noire, sèche et très adhérente au bas de la cellule, difficile à retirer.
  • Parfois la « langue » de la nymphe tendue vers le haut de la cellule : un signe très caractéristique quand il est présent.
  • Une odeur désagréable dans les cas avancés.
Photo à fournir — Cadre de couvain en mosaïque avec opercules affaissés et percés. À ne prendre que lors d'un cas confirmé, ou à remplacer par une image sous licence ouverte.

Le test de l’allumette

Enfoncez une allumette ou une brindille dans une cellule suspecte, tournez-la, puis retirez-la lentement. Si le contenu s’étire en un filament brun et élastique de plus d’un centimètre environ, la loque américaine est fortement suspectée.

Ce test oriente, il ne confirme pas. La confirmation passe par une analyse de laboratoire2.

Ne pas confondre avec

Maladie Différence principale
Loque européenne Touche surtout les larves non operculées, souvent tordues dans la cellule ; contenu pâteux mais peu ou pas filant ; écaille facile à retirer
Couvain sacciforme La larve forme un sac rempli de liquide, la tête relevée en « bateau » ; pas de filament
Couvain refroidi Mort de couvain en bordure de grappe, sans signe infectieux

Que faire en cas de suspicion

En France, la loque américaine est une maladie réglementée. Toute suspicion doit être déclarée sans délai à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), ou passer par votre vétérinaire ou votre organisme sanitaire apicole5, 6.

En attendant la réponse des services :

  1. Fermez ou réduisez l’entrée de la ruche pour limiter le pillage.
  2. Ne déplacez ni la ruche ni aucun cadre.
  3. Ne récoltez pas et n’échangez aucun matériel.
  4. Désinfectez vos mains, gants et lève-cadres avant de toucher d’autres ruches.

Les mesures sont ensuite fixées par les autorités. Selon la situation, elles vont de la destruction des colonies atteintes par le feu au transvasement des abeilles sur du matériel neuf, avec destruction des cadres. Une zone de surveillance peut être mise en place autour du rucher, avec interdiction des mouvements de ruches et de matériel5.

Les antibiotiques : pourquoi ce n’est pas une solution

Dans l’Union européenne, aucun antibiotique n’est autorisé chez l’abeille. Dans certains pays, dont les États-Unis, des antibiotiques peuvent être prescrits par un vétérinaire. Ils suppriment les symptômes, mais pas les spores : la maladie réapparaît dès l’arrêt du traitement, et des résidus peuvent se retrouver dans le miel.

Prévention

  • Contrôlez systématiquement le couvain lors des visites de printemps et d’été.
  • N’achetez des colonies et du matériel d’occasion qu’auprès de sources fiables.
  • Ne nourrissez jamais avec du miel d’origine inconnue.
  • Ne laissez pas de ruches mortes ouvertes au pillage.
  • Renouvelez régulièrement les cires de corps.
  • Désinfectez le matériel réutilisé : le grattage puis le flambage au chalumeau jusqu’à brunir le bois sont la méthode courante.

Références

  1. Genersch E. (2010). American Foulbrood in honeybees and its causative agent, Paenibacillus larvae. Journal of Invertebrate Pathology 103 : S10-S19. doi.org
  2. OMSA (WOAH). Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres, chapitre 3.2.2 : loque américaine des abeilles mellifères (version adoptée en 2016).
  3. OMSA (WOAH). Code sanitaire pour les animaux terrestres, chapitre 9.2 : infection des abeilles mellifères par Paenibacillus larvae. woah.org
  4. IZSVe, laboratoire de référence pour la santé de l'abeille. Fiche American foulbrood. izsvenezie.com
  5. Préfecture des Pyrénées-Orientales (2024). Détection de la loque américaine dans les Pyrénées-Orientales. pyrenees-orientales.gouv.fr
  6. Préfecture de Loire-Atlantique. Détenir des abeilles : déclaration des dangers sanitaires réglementés. loire-atlantique.gouv.fr
  7. GDSA 30. Maladies, parasites et prédateurs des colonies. gdsa30.fr

Mise à jour : 8 octobre 2026
Rédaction : Rédaction Apisanitas
Relecture : Relecture en cours