L’essentiel
- Signe d'alerte : beaucoup d'abeilles mortes ou tremblantes devant plusieurs ruches en même temps.
- Agissez vite : photos, date, cultures traitées alentour, prélèvement d'abeilles au congélateur.
- Signalez la mortalité aux services vétérinaires, qui peuvent organiser des analyses.
- Les intoxications chroniques, à faible dose, sont plus discrètes mais réelles.
Les abeilles butinent sur plusieurs kilomètres autour du rucher. Elles peuvent donc rapporter des résidus de produits appliqués sur les cultures, les jardins ou les bords de route.
Intoxication aiguë
Elle survient en quelques heures ou quelques jours après une exposition forte.
- Tapis d’abeilles mortes ou mourantes devant la ruche, souvent sur plusieurs colonies en même temps.
- Abeilles tremblantes, paralysées, tournant sur elles-mêmes, langue sortie.
- Butineuses qui ne rentrent pas : la colonie se vide de ses vieilles abeilles.
- Parfois du couvain mort quand le pollen contaminé a été distribué aux larves.
Intoxication chronique
À faible dose répétée, les effets sont plus discrets : orientation perturbée des butineuses, développement ralenti, reines moins performantes, colonies plus sensibles aux maladies. Ces effets sublétaux sont désormais pris en compte dans l’évaluation des risques en Europe1, 2.
Ne pas confondre
Les paralysies virales donnent aussi des abeilles tremblantes. La différence tient souvent au calendrier : une intoxication touche brutalement plusieurs colonies, en lien avec un traitement à proximité.
Les bons réflexes
- Photographier les ruches, les abeilles mortes et les cultures en fleurs autour, avec la date.
- Prélever quelques centaines d’abeilles mourantes ou fraîchement mortes, dans un sac propre, et les congeler aussitôt.
- Signaler la mortalité aux services vétérinaires (en France, la DDPP), qui peuvent organiser des prélèvements et des analyses.
- Noter les traitements observés et, si possible, identifier l’exploitant ou la commune.
- Donner de l’eau propre et, si nécessaire, nourrir la colonie affaiblie.
Prévention
- Connaître les cultures dans un rayon de 3 km autour des ruchers.
- Échanger avec les agriculteurs voisins pour être prévenu des traitements.
- En cas de traitement annoncé, fermer temporairement ou déplacer les ruches si c’est possible.
- Utiliser les produits vétérinaires des ruches strictement selon leur notice3.
Références
- EFSA (2013). Guidance on the risk assessment of plant protection products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees). EFSA Journal 11(7) : 3295.
- EFSA (2023). Revised guidance on the risk assessment of plant protection products on bees. EFSA Journal 21(5) : 7989.
- FAO, IZSLT, Apimondia, CAAS (2021). Bonnes pratiques apicoles pour une apiculture durable. FAO, Lignes directrices Production et santé animales n° 25.