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Prédateurs

Frelon asiatique

Vespa velutina nigrithorax

Gravité : Élevée Pression maximale de juillet à novembreRelecture en cours
Repère thématique

L’essentiel

  • Prédateur invasif présent sur presque tout le territoire français.
  • Le pire dégât est la paralysie du butinage, qui affaiblit la colonie avant l'hiver.
  • Muselières, colonies fortes et destruction précoce des nids se combinent.
  • Évitez le piégeage non sélectif, qui tue de nombreux autres insectes.

Arrivé en France au début des années 2000, le frelon asiatique à pattes jaunes est aujourd’hui présent sur presque tout le territoire et dans plusieurs pays européens. C’est un prédateur opportuniste : les abeilles mellifères forment une part importante de son régime, surtout en fin de saison1.

Le reconnaître

  • Thorax brun-noir, sans les taches rousses du frelon européen.
  • Abdomen sombre avec une seule bande orangée large, sur le quatrième segment.
  • Extrémités des pattes jaunes, ce qui lui a donné son nom.
  • Légèrement plus petit que le frelon européen (Vespa crabro), qui est roux et jaune et ne chasse pas en vol stationnaire devant les ruches.
Photo à fournir — Frelon asiatique en vol stationnaire devant une planche d'envol, avec si possible un frelon européen à côté pour comparaison.

Son cycle annuel

  1. Février à avril : les reines fondatrices sortent d’hivernage et construisent seules un nid primaire, petit, souvent abrité (abri de jardin, haie, avant-toit).
  2. Mai à juin : les premières ouvrières naissent. La colonie déménage souvent vers un nid secondaire, plus grand, fréquemment situé haut dans les arbres et invisible avant la chute des feuilles.
  3. Juillet à novembre : la population explose et la pression de chasse sur les ruchers est maximale.
  4. Automne : le nid produit mâles et futures reines. Après l’accouplement, seules les jeunes reines fécondées hivernent ; le nid est abandonné et ne sera pas réutilisé.

L’impact sur les colonies

Les frelons chassent en vol stationnaire devant l’entrée et capturent les butineuses qui rentrent. Le principal dégât n’est souvent pas le nombre d’abeilles tuées : c’est la paralysie du butinage. La colonie cesse de sortir, consomme ses réserves, élève moins de couvain et entre en hiver affaiblie, avec trop peu d’abeilles d’hiver.

Les ruchettes, nucléis et colonies faibles sont les plus exposés ; un nucléi peut être vidé en quelques jours.

Protéger le rucher

Aucune méthode ne suffit seule. On combine en général plusieurs approches.

Réduire les entrées et placer des muselières (grilles devant la planche d’envol) : les abeilles continuent à sortir, et les frelons ne peuvent plus chasser au ras de l’entrée.

Renforcer les colonies : une colonie populeuse défend mieux son entrée. En zone très exposée, on réunit les colonies faibles avant la fin de l’été.

Utiliser des dispositifs de capture mécaniques comme les harpes électriques, qui tuent les frelons en vol devant le rucher. Ils sont efficaces sur des ruchers très exposés, mais demandent une installation et une surveillance.

Piéger de façon ciblée : au printemps, près des ruchers, pour capturer les fondatrices, et en saison devant les ruchers attaqués. Le piégeage non sélectif, qui capture beaucoup d’autres insectes, est déconseillé. Le cadre national cherche désormais à encadrer les pratiques et à écarter les dispositifs non sélectifs3.

Faire détruire les nids : de préférence avant l’automne, quand les futures reines ne sont pas encore produites. La destruction en hauteur doit être confiée à un professionnel. Signalez les nids à votre mairie ou à la plateforme de votre département.

Photo à fournir — Muselière installée devant une ruchette, avec des frelons qui tournent devant.

Cadre réglementaire

Le frelon asiatique est inscrit depuis 2016 sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne2.

En France, la loi du 14 mars 2025 prévoit un plan national et des plans départementaux de lutte ; son décret d’application est paru fin décembre 20253. Le plan national, publié en septembre 2026, classe les départements selon leur niveau d’exposition et organise la lutte à l’échelle départementale4.

Le frelon n’est pas une maladie : il n’y a pas de déclaration sanitaire comme pour la loque américaine. En revanche, signaler les nids aide la lutte collective.

Ailleurs dans le monde

Le frelon asiatique a aussi été signalé en Espagne, au Portugal, en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni, ainsi qu’en Corée du Sud et au Japon, où il est également invasif. Les règles de signalement et de destruction varient d’un pays à l’autre : au Royaume-Uni, par exemple, toute observation doit être signalée aux autorités.

Références

  1. Monceau K., Bonnard O., Thiéry D. (2014). Vespa velutina : a new invasive predator of honeybees in Europe. Journal of Pest Science 87 : 1-16. doi.org
  2. Règlement d'exécution (UE) 2016/1141 adoptant la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union. eur-lex.europa.eu
  3. Loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique à pattes jaunes et à préserver la filière apicole ; décret n° 2025-1377 du 29 décembre 2025. assemblee-nationale.fr
  4. Plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (annexe à l'arrêté de septembre 2026). aida.ineris.fr

Mise à jour : 8 octobre 2026
Rédaction : Rédaction Apisanitas
Relecture : Relecture en cours